Réunis lundi 6 juillet dans les locaux de l’ITSEE à Hope Estate, Patrick Hernandez, directeur interrégional de l’INSEE Antilles-Guyane, et Alain Richardson, président de l’ITSEE et vice-président de la Collectivité, ont présenté le premier « diagnostic territorial » de Saint-Martin depuis plus de dix ans. L’étude, publiée dans la collection Insee Analyses Guadeloupe, confronte dix années de données démographiques et économiques pour mesurer les traces laissées par l’ouragan Irma et la crise sanitaire.
Le constat est sans appel : en 2022, la partie française de l’île compte 31 500 habitants, soit 4 200 résidents de moins qu’en 2012 (-12 %), une baisse due à un solde migratoire négatif plutôt qu’à la natalité. Le taux de natalité a chuté de 37 % sur la période. Sur le plan économique, le tourisme, pilier de l’économie locale, n’a toujours pas retrouvé son niveau de 2017 : la valeur ajoutée de l’hébergement-restauration reste inférieure de 26,9 % à celle de 2017, malgré des rebonds successifs. À l’inverse, le secteur de la construction a progressé de 42,4 % entre 2017 et 2021, porté par les chantiers de reconstruction.
Côté emploi, 54 % des 15-64 ans se déclarent en activité en 2022 contre 50 % en 2012, et le taux de chômage recule de 25 % à 22 %. Le salaire médian brut atteint 1 970 euros, en hausse de 15,6 % depuis 2019, mais reste inférieur de 14 % à celui de la Guadeloupe. Les jeunes de 18 à 24 ans demeurent les plus exposés, avec seulement 35 % en emploi.
Sources : Le Pélican, « L’impact d’Irma et de la crise sanitaire est encore visible », Paul Charoy, 6 juillet 2026 ; SoualigaPost, « Diagnostic territorial 2025 : Saint-Martin face aux séquelles d’Irma et de la crise sanitaire », 7 juillet 2026 ; Mylène Colmar, « Saint-Martin : une île qui se vide, un cyclone qui n’en finit pas de peser sur les chiffres », 6 juillet 2026 (Insee Analyses Guadeloupe n° 92).

Le chiffre de -12 % de population en dix ans est notable : il questionne la soutenabilité à moyen terme des services publics locaux, dimensionnés pour une population plus nombreuse.
Intéressant de voir que le secteur de la construction (+42,4 %) compense partiellement le repli du tourisme (-26,9 % par rapport à 2017) : cela illustre une transition économique post-Irma encore en cours plutôt qu’une véritable diversification structurelle.
Le taux d’emploi des 18-24 ans (35 %) reste le point le plus préoccupant de ce diagnostic : c’est un signal clair sur les besoins de formation professionnelle et d’insertion pour cette tranche d’âge.
Ce diagnostic confirme l’écart de salaire médian avec la Guadeloupe (-14 %), mais souligne aussi son resserrement : un indicateur à suivre dans les prochaines analyses territoriales.